Mieux vivre avec ses émotions ... et celle des autres

Comment mieux comprendre et gérer nos émotions.

Les auteurs

En savoir plus sur Didier Hauvette et Christie Vanbremeesch.

Quelques conseils pour gérer nos émotions

Voici quelques techniques que vous trouverez dans le livre...

jeudi 12 juin 2014

Les neurones miroirs et l'empathie

Saviez-vous qu'un phénomène très intéressant a été il y a suelement une quinzaine d'années : les neurones miroirs ? Et que ces petites merveilles sont celles qui epxliquent, entre autrres, notre capacité à l'empathie ?

Dans mon blog j'ai posté il a quelque temps un article sur ce sujet où je partage notamment une explication vidéo de Patrice Van Eersel :

vendredi 30 mai 2014

Comment gérer mon stress si je réagis par la fuite (anxiété, inventivité) ?

Comment nous calmer quand nous réagissons par la fuite ?

Pour mieux comprendre les réactions de type fuite, voici un exemple que nous développons dans le livre, accompagnés de conseils pratiques:
Patrick est un excellent convive: il a toujours un sujet de conversation, une anecdote spirituelle, et sait mettre en valeur ses interlocuteurs. Serviable et agréable, Patrick est l'invité idéal. Pourtant, dans une soirée, s'il aime être entouré, mais n’aime pas faire de compromis. Il veut convaincre les autres de ses solutions et n’arrive pas à se plier aux leurs. Il peut être perfectionniste et parfois cassant, si quelqu’un risque de freiner un de ses projets. Dans son travail, il est très exigeant. Ses responsables l’apprécient car il montre un sens élevé des responsabilités. Quand on lui confie une mission et qu’il y adhère, on est sûr qu’il la remplira. C’est quelqu’un de très fiable. En revanche, si le stress monte, il peut se montrer tatillon et peut devenir nerveux et désagréable. 

Le crocodile anxieux est très sensible aux dangers potentiels, il a besoin de se rassurer sur ses capacités à les affronter. Pour nous calmer, plusieurs moyens sont à notre disposition. 
  1. Première étape, comme pour la lutte, nous arrêter pour prendre conscience des sensations physiques. Elles sont révélatrices : ce nœud à l’estomac, cette fébrilité… Et l’envie de faire tout autre chose que ce qui serait utile pour traiter le problème : lire nos mails, faire notre courrier, discuter avec un collègue, téléphoner à un ami, etc. C’est un signal de notre crocodile. Au lieu de lui obéir, écoutons-le et prenons-le en compte : « Merci crocodile, j’ai compris, je suis inquiet. Il y a quelque chose qui ne correspond pas à mes besoins de sécurité, qui ne colle pas à la façon dont j’aime que les choses soient organisées, je vais m’en occuper et y remédier… ». 
  2. Deuxième étape : identifier la cause de cette inquiétude. Qu’est-ce qui nous manque, nous freine, nous gêne ? Lorsque nous aurons répondu à ces questions, notre crocodile commencera à se sentir mieux. Le signal a été utile, nous commençons à traiter le problème, il peut relâcher un peu sa pression. Souvent il suffit de laisser notre intuition identifier tous les points et les risques sur lesquels être vigilants.
  3. Troisième étape : bouger, avancer. Pour les personnes qui ont beaucoup de réactions de fuite / mouvement, c’est indispensable. A contrario, l’impression d’être bloqué et de ne plus avoir d’options devient vite insupportable. Trouver un projet, une amélioration à mettre en œuvre, quels qu’ils soient, permettra de réduire pour un temps le stress du crocodile et de débloquer la situation. 
Il est utile quand nous réagissons par la fuite de nous rassurer. Pour y parvenir, plusieurs moyens :
  • Nous remémorer nos compétences et nos expériences positives sur le sujet concerné : « Mes derniers changements de poste et d’activité se sont toujours très bien passés ; la dernière réunion que j’ai animée a cartonné… J’ai toujours bien géré mon argent, il n’y a pas de raison que j’aie un problème maintenant. » Prenons conscience de tout le chemin déjà parcouru, de tout ce que nous déjà avons acquis. 
  • Fractionner l’objectif qui nous semble inaccessible, en sous objectifs atteignables. Identifier des étapes intermédiaires, avec une certaine marge de manœuvre. Le crocodile anxieux a besoin de jalons qui le rassurent sur sa capacité à atteindre ses objectifs, mais il peut être démotivé si ces jalons lui paraissent des contraintes. Il a besoin d’un cadre mais également de beaucoup de liberté d’action à l’intérieur de ce cadre. Une « To-do-list », et beaucoup de liberté dans la façon de la réaliser. 
  • Identifier et consolider des points de repères familiers – la famille, les amis, un lieu de prédilection – et prendre conscience que le contact physique est très rassurant pour le crocodile en fuite : une minute d’affection de son partenaire, une main affectueuse sur l’épaule, le contact avec un animal… 
  • Faire confiance et exercer sciemment notre talent naturel : la recherche de solutions. La question qui permettra de lever beaucoup de doutes : « Concrètement, quel est le problème ? » Dès qu’il est posé « noir sur blanc », les idées jaillissent, la machine à produire des solutions se met à fonctionner à plein régime : il n’y a plus que l’embarras du choix !
Si vos réactions sont souvent de type « fuite », nous vous recommandons, quand vous vous sentez bien, de créer vos repères et de vous ménager des espaces de liberté : par exemple, ne pas rentrer directement chez vous mais faire un détour par un endroit que vous aimez ; pratiquer régulièrement une activité physique ou artistique qui vous plaise. Ce seront des points d’appui pour les moments d’anxiété. 
Sauf situation grave, les crises d’angoisse du crocodile en fuite ne durent pas longtemps : elles peuvent être fréquentes, mais sont vite chassées par de nouveaux projets. Le seul risque : ne pas avoir la liberté de se mettre en mouvement.

jeudi 22 mai 2014

Comment gérer mon stress quand je réagis par le repli (blocage) ?

Comment nous calmer lorsque nous sommes bloqués ?

Voici un exemple développé dans le livre pour mieux comprendre la réaction de repli:
Dans sa vie professionnelle, Jacques a réussi à mener à bien des projets dans des délais et des contraintes de coûts qui semblaient irréalisables. Pourtant, au bureau comme à la maison, il répugne à se mettre en avant. Ses responsables hiérarchiques aimeraient qu’il ait parfois une attitude plus affirmée. Sur le plan personnel, il souhaite construire une maison sur un terrain tout juste acquis, et a toutes les compétences pour la concevoir… Mais sa femme a du mal à lui faire confiance, le presse, ne lui donne ni le temps ni la tranquillité dont il a besoin pour mener à bien son projet. Que ses propositions soient sans arrêt remise en cause lui pèse. Il a du mal à se défendre. Il sait pourtant, par expérience, que ses idées sont justes. 

Le crocodile en repli se bloque facilement. Si son activité ne correspond pas à ses valeurs, s’il ne comprend pas à quoi il sert, s’il n’a plus de fil conducteur, il ralentit. Si le sens lui échappe, si on la bouscule, il s’arrête. Les personnes réagissant principalement par des réactions de repli ont besoin de sens et de cohérence. Les résultats à court terme leur sont indifférents ou presque. Ils aiment développer une vision à moyen ou long terme, servir la société, aider les autres, se sentir utiles, laisser une trace. Un rien fait rentrer le crocodile en repli dans sa coquille. Il se referme à la
moindre contrariété. Ce n’est pas confortable pour celui qui le vit ! Quand nous aimerions pouvoir répondre aux arguments alignés par notre interlocuteur, les mots ne viennent pas. En revanche, après la bataille, réponses et arguments se bousculent dans notre tête. Frustration et découragement sont alors fréquents. Le crocodile en repli a besoin de cohérence, d’harmonie, de tranquillité. Voilà quelques moyens pour y parvenir.
  1. Comme précédemment, la première étape consiste à prendre conscience de nos sensations physiques. Identifier la fatigue, la lourdeur, l’abattement. Écouter nos envies ; nous refermer sur nous-mêmes, aller dormir, et parfois pleurer. Accueillons ces sensations sans les juger, elles sont là pour nous être utiles ! 
  2. Deuxième étape : comprendre ce qui nous arrive. Cette fatigue n’est pas uniquement physique : elle est aussi la manifestation d’un problème que nous ne parvenons pas à résoudre. « Quelle situation, quelle phrase dite à mon égard a pu provoquer cette réaction ? » Reconnaître que la réaction d’abattement est le fruit d’une information extérieure apporte déjà un premier soulagement : « Je ne suis pas coupable de cette réaction physique. Elle est le fruit d’un enchaînement logique. Elle a un sens. » S’il y a une logique, le crocodile en repli se sent déjà mieux. 
  3. Troisième étape : aller plus loin dans la compréhension de la logique et des processus en œuvre. Plus nous donnons un sens à ce que nous vivons, plus notre crocodile se sent soulagé. 
  4. Quatrième étape : retrouver la direction, le projet. « Où veux-tu aller ? Qu’est-ce qui est important pour toi ? Quelle est ta mission ? » Voilà quelques questions qui plaisent à un crocodile en repli et qui contribuent à le débloquer. 
Autres moyens utiles :
  • Vos pensées valent de l’or : écrivez ! Ayez toujours à portée de main un carnet pour noter vos réflexions. En particulier quand vous travaillez à un projet qui vous tient à cœur. Elles vous aideront à retrouver le fil quand vous en aurez besoin. 
  • Bougez. Une simple activité physique ou manuelle peut faire cesser l’état de blocage provoqué par le stress. Bien entendu, cela ne suffit pas à sortir complètement du repli, mais c’est un premier pas. 
  • Rendez vous utile. Rendre service, aider quelqu’un, apporter du bien-être autour de vous, faire un cadeau, tout cela peut vous aider à vous sentir mieux. Se sentir utile est l’une des façons les plus efficaces de nourrir le crocodile en repli. 
  • Un mot d’ordre : patience et persévérance ! Les blocages du crocodile en repli peuvent durer un moment. Il a besoin de temps pour digérer et comprendre ce qui lui arrive. Tout en étant capable de s’accrocher à son projet pendant très longtemps, malgré le manque de résultats, si les valeurs qu’il représente sont importantes pour lui. 
  • Faites confiance à vos intuitions, elles sont souvent le fruit de beaucoup de réflexion. 
  • Appuyez-vous sur votre talent naturel : les blocages que vous ressentez n’ont pas que des inconvénients, ils permettent de garder son calme quand beaucoup d’autres sont tentés de s’agiter. Ils permettent à des personnes habituellement effacées, de se révéler dans les coups durs. Comme si, dans ces moments-là, un système parallèle se mettait en route et apportait une grande lucidité. 
  • Soyez attentif à votre environnement : les personnes réagissant par des réactions de repli sont très sensibles à l’ambiance. Une personnalité agressive dans l’environnement immédiat sera très coûteuse en énergie pour le crocodile en repli. Confronté à de telles personnes, n’hésitez pas à prendre de la distance. 
Le crocodile en repli a besoin de douceur et de ménagement. Prenez-en soin, montrez-lui votre respect et votre attention, il vous apportera sa finesse, son recul et son soutien.

vendredi 9 mai 2014

Comment gérer mon stress si je réagis par la lutte (colère) ?

Pour mémoire, nous avons tous en nous les trois réactions, c’est-à-dire les trois énergies. Autrement dit, même si notre réaction principale est le repli, nous pouvons très bien ressentir, par moments, de fortes réactions de fuite ou de lutte. Si notre réaction principale est la fuite, nous pourrons ressentir de fortes réactions de lutte ou de repli. Même chose pour la lutte vis-à-vis des réactions de fuite et de repli. D’où l’intérêt de bien comprendre le mode de fonctionnement des trois réactions quel que soient nos réflexes les plus fréquents

Comment nous calmer lorsque nous réagissons par la colère ? (profil de type lutte)

Le crocodile en colère est comme une blessure à vif que le moindre effleurement fait bondir ; il est comme un tas de brindilles que la plus légère étincelle peut embraser. 

Pour mieux comprendre, voici un exemple de situation que vous trouverez résolu dans le livre:
Chantal, 50 ans, l’aînée d’une famille de six enfants, se casse la tête depuis trois mois pour réunir tout le monde chez elle à l’occasion de Noël. Enfin, la semaine de la fête est arrivée… les coups de téléphones décevants se succèdent : sa sœur annule, son frère ne pourra pas apporter le gâteau, etc. Chantal s’est pliée en quatre pour tout organiser et ce dans l’indifférence générale. Personne ne l’aide ! Sa colère monte tout au long de la semaine. Elle a envie de tous les envoyer balader : qu’ils se débrouillent après tout ! C’est plus fort qu’elle, et, en même temps, elle sait que cet accès de mauvaise humeur, s’il éclate, va rendre inutile tout son dévouement. Quel gâchis si elle explosait, comme elle en a pourtant redoutablement envie… ! Quelle sera pour Chantal la réaction la plus adéquate et la plus apaisante pour son crocodile ? 

Quand nous sommes énervés, notre besoin principal est la reconnaissance. La nôtre et, si possible, celle de notre entourage. Pour calmer ce besoin, plusieurs moyens sont à notre disposition. 
  1. La première étape consiste, comme précisé plus haut, à prendre conscience de nos sensations physiques. Être conscient de cette tension, de ces crispations dans les épaules, dans le dos, prendre acte de ces réactions physiques, c’est donner à nos émotions un début de légitimité et de reconnaissance. 
  2. Deuxième étape : reconnaître et accepter le message. « Si je m’énerve, c’est que mon crocodile a perçu un danger. Ma réaction a une raison d’être, et je l’accepte. En revanche, ma colère n’est pas forcément la réaction la plus adaptée à la situation, elle ne m’apportera rien. C’est grâce à mes capacités d’affirmation que j’obtiens les résultats pour lesquels tout le monde me félicite et non pas grâce à la colère… » 
  3. Troisième étape : obtenir des résultats concrets. Le plus pénible, quand on a beaucoup de lutte, est de ne pas obtenir ce que l’on avait prévu. Nous craignons que les obstacles rencontrés nous empêchent d’atteindre nos objectifs. La frustration est grande, il nous faut un dérivatif. Un moyen pour faire baisser cette pression consiste à passer à l’action et obtenir des résultats visibles dans un autre domaine
 Quelques techniques à appliquer facilement:
  • Exprimer à haute voix ce que nous ressentons. En exprimant à notre interlocuteur que ce qu’il dit ou fait ne nous convient pas, ou en nous le disant à nous-mêmes, sans agressivité, nous montrons à notre crocodile que nous commençons à agir dans la bonne direction. Nous retrouvons notre calme et serons plus à même de réfléchir au problème. Nous amorcerons alors une spirale positive d’efficacité et de réduction du stress.
  • Évacuer les tensions par des activités physiques (par exemple, crier un bon coup dans notre coin, monter les escaliers 4 à 4 jusqu’en haut de l’immeuble, taper dans un matelas, faire un jogging, etc.).
  • Nous créer des activités qui nous permettent d’obtenir des signes de reconnaissance autrement. Exemple : avoir un rôle actif dans une association sportive, culturelle ou sociale, militer dans un parti ou dans un syndicat… Obtenir un titre, une fonction, un rôle, des signes de valorisation et de reconnaissance. 

Si vos réactions les plus fréquentes sont des réactions de lutte, veillez à toujours avoir un ou deux projets qui vous permettent d’obtenir des résultats concrets, et sans dépendre des autres. Quand vous serez énervé, les résultats obtenus vous aideront à vous conforter dans une image positive de vous-même. Quand vous sentez que la moutarde vous monte au nez, concentrez-vous sur quelques tâches simples à faire rapidement (papiers à envoyer, rangement, bricolage, courrier à finir…). Votre crocodile restera néanmoins sur le qui-vive, tant que la cause profonde ne sera pas traitée. 

Pour savoir quelle réaction émotionnelle est la plus fréquente pour vous, lisez notre article sur  le premier pas pour savoir quel est mon profil.

jeudi 17 avril 2014

Ayons confiance en nous !

Aristote nous le disait déjà : « Deviens ce que tu es ». Cette phrase nous interpelle tous, elle suscite enthousiasme mais aussi frustration : « Devenir ce que je suis, oui, avec plaisir, mais comment faire ? » 
Avoir confiance en soi est une aspiration profonde et largement partagée. Et c’est à la fois aux antipodes des reproches que nous avons entendus et que nous nous adressons à nous-mêmes depuis l’enfance : « Arrête d’être désordonné / menteur / paresseux / complaisant / agressif / bavard… » Et nous sentons à quel point une part de nous-mêmes y aspire avec force. Est-il possible de devenir tout ce à quoi nous aspirons sans avoir à tricher, à être quelqu’un d’autre… ? 

L’expérience nous montre que chacun d’entre nous a des marges de progrès importantes et peut réaliser rapidement des progrès significatifs. Comment construire un niveau de confiance plus important et plus solide ? Nous proposons dans le livre un processus basé en trois temps : 
  • d'abord, il s'agit de travailler sur nos réussites: les identifier, les valoriser et essayer de reconnaître des schémas répétés
  • en déduire notre « valeur ajoutée » 
  • puis idenitfier notre « talent ». 
La mise en évidence de ces éléments permettant de construire une base solide sur laquelle appuyer notre confiance en nous. Nous ne cherchons pas à vous faire « prendre la grosse tête », mais à consolider les fondations et à construire une confiance qui s’appuie sur des éléments objectifs. Le développement de cette forme d’assurance a un effet direct sur nos émotions : il permet de repousser le seuil de déclenchement de nos réactions de défense. Plus la confiance en notre valeur ajoutée et en notre talent est forte, plus notre seuil de tolérance par rapport aux éléments ressentis comme des agressions est élevé.

vendredi 20 décembre 2013

Nouvelle édition !


C'est avec grand plaisir que nous vous présentons la nouvelle édition de notre livre Mieux vivre avec ses émotions ! Après un travail en profondeur sur les contenus et la structure du livre, le voici rebaptisé Vivre avec ses émotions et celles des autres.  Ce petit livre fera un cadeau de Noël parfait pour vos proches ...
Vous le trouverez dans toutes les bonnes librairies !
 

vendredi 29 novembre 2013

Contrôlons notre "température émotionnelle"

Qu'est-ce que la "température émotionnnelle" et pourquoi la contrôler ?
Nous utilisons l'expression "température émotionnelle" pour désigner l’intensité des émotions en jeu dans une situation donnée. La température émotionnelle est élevée si la tension est forte entre les personnes concernées, que les mots et/ou le ton ou les gestes deviennent agressifs, cassants ou expéditifs. Elle est normale s’il s’agit d’une conversation habituelle et que la communication est fluide. 
Pourquoi s'en préocuper ? Les recherches en neurosciences (voir, entre autres, les travaux d'Antonio Damasio) montrent que lorsque la température s’élève et que le stress monte, nos capacités intellectuelles se réduisent : une partie de nos neurones ne fonctionnent plus. Tout se passe comme si nous avions des œillères qui nous empêchaient de disposer de toutes les informations nécessaires pour réagir de façon intelligente. L’objectif consiste à faire baisser cette température émotionnelle pour retrouver toutes nos capacités. 

Nous le savons bien : nos réactions « à chaud » ne sont pas toujours les plus adaptées. Une fois calmés, nous repensons à la scène déroulée et souvent nous aimerions revenir en arrière. Contrôler notre température émotionnelle nous permet de réagir plus sereinement : nous reconnaissons notre réaction instinctive et pouvons choisir de nous laisser emporter ou d’agir plus posément.  

Notre crocodile a besoin d’être écouté. En prêtant attention à notre réaction, nous permettons à la vapeur de s’échapper de la cocotte-minute. Les signaux qu’il envoie visent à nous faire réagir rapidement face à un danger : si nous ne répondons pas, il continuera à attirer notre attention jusqu’à ce que nous réagissions.  

mardi 26 novembre 2013

Première étape pour contrôler ses émotions

Quand nous nous énervons, nous angoissons ou nous refermons sur nous-mêmes, nous devenons l'émotion: le crocodile est aux manettes et prend le contrôle de ce que nous faisons ou disons. Nous sommes complètement associés à notre émotion. Comment faire pour sortir de cet état ?

La première étape indispensable si nous voulons gérer nos émotions est de les reconnaître et les accepter: écoutons notre crocodile pour nous  "dissocier" de notre réaction instinctive !

Pour y parvenir, prenons conscience de ce qui nous arrive, de ce qui se passe en nous, de notre réaction physique (tension musculaire, nœud dans l’estomac, sensation de fatigue, d’abattement). Dès cette prise de conscience, notre crocodile se sent entendu et commence à relâcher sa pression. 
Sa mission consiste à tirer la sonnette d’alarme et à nous faire réagir. En écoutant ce qui se passe à l’intérieur de nous, nous lui envoyons une première réponse positive : « J’ai bien reçu ton message. » Deuxième impact positif : ces quelques fractions de seconde d’écoute de la réaction physique donnent au cerveau cortical le temps de réfléchir et d’élaborer une réponse plus appropriée. 

Après réception du signal « crocodile », la réponse adéquate consiste à mettre des mots sur ce qui se passe en nous et essayer d’en identifier l’origine, le facteur déclenchant.
  • « Je bouillonne, la moutarde me monte au nez, je commence à m’énerver. Je serre les poings pour éviter de casser quelque chose. Quelque chose ne me plaît pas, mais quoi ? » pour les profils à dominante de « lutte ».
  • « Je m’agite, mon débit s’accélère, j’ai mal au ventre. Je gigote sur mon siège pour éviter de me lever et de tous les laisser en plan. Quelque chose m’inquiète, mais quoi ? » pour les profils à dominante de « fuite ». 
  • « Je me sens fatigué, déprimé, tout me pèse, je n’arrive plus à avancer ni à faire ce que j’ai à faire. J’ai envie de rentrer chez moi et de me réfugier dans mon fauteuil préféré. Quelque chose me bloque, mais quoi ? » pour les profils à dominante de « repli ». 
 Pour en savoir plus sur ces trois types de réactions de défense, lutte, fuite et repli, lire notre article sur les profils et les crocodiles.
 
Au lieu de nous laisser emporter par notre réaction instinctive, instaurons une distance. Demandons-nous, quel que soit notre type de réactions : « Qu’est-ce qui me manque, me gêne, me freine ? » Cette dissociation a pour effet de faire baisser notre mal-être initial. Le crocodile est comme un enfant après une chute : ses pleurs visent à susciter l’attention de l’adulte : « Occupe-toi de moi. » Dans la plupart des cas, il suffit qu’on le prenne dans ses bras pour que l’enfant retrouve son calme. Reconnaître la douleur, c’est faire un premier pas vers son apaisement.

dimanche 17 novembre 2013

Principaux défauts selons les profils

Voici le schéma parallèle au dernier publié sur les atouts associés aux 6 profils-types développés dans notre livre. Il s'agit ici d'attirer l'attention sur les principaux pièges communs aux personnalités proches de nos profils.

Rappelons une fois de plus, que ces profils visent à nous aider à comprendre et gérer les réactions émotionnelles, nous ne visons nullement à catégoriser les personnalités réelles. Pour cette raison, nous vous recommandons donc de rester souples et très à l’écoute dans l’utilisation de ces catégories: chaque être humain est beaucoup plus complexe que toutes les classifications qui peuvent être faites. Nous ne sommes pas uniquement l’un de ces profils et il en va de même pour nos interlocuteurs. Dans certaines circonstances, face à certaines personnes, il est possible que nous fonctionnions selon un profil différent. Ne nous caricaturons pas.

vendredi 15 novembre 2013

Principaux atouts selon les profils

Dans le livre, nous publions un schéma qui peut être intéressant quant à la catégorisation des 6 profils que nous proposons. Il s'agit d'un tableau orientatif qui désigne les principales qualités associées aux personnalités proches de ces profils-types.
Nous en profitons pour vous rappeler qu'il n’y a pas de bon ou de mauvais profil. Chacun incarne une forme d’énergie particulière. Certains peuvent être mieux adaptés à certaines situations mais les autres le seront dans d’autres contextes. Le travail en association avec des profils complémentaires est indispensable pour utiliser et valoriser au mieux nos talents.
Nous vous recommandons donc de rester souples et très à l’écoute dans l’utilisation de ces catégories: chaque être humain est beaucoup plus complexe que toutes les classifications qui peuvent être faites. Nous ne sommes pas uniquement l’un de ces profils et il en va de même pour nos interlocuteurs.

dimanche 10 novembre 2013

Exemples de profils (2) : Fuite-Repli, Repli-Lutte, et Repli-Fuite

Dans notre billet précédent, nous vous présentions ce que nous appelons les "profils combinés". Voici quelques exemples de personnages pour vous aider à situer ces profils.

  • Françoise (profil 4 de Fuite-Repli) est satisfaite de cette image de créative : il est vrai qu’elle déteste être coincée, et a toujours besoin de changer, de bouger, d’avancer ! Parfois elle s’agite d’ailleurs un peu trop. Elle communique beaucoup et se retrouve souvent dans le rôle de confidente. Elle est ravie d’avoir une image d’écoute mais être la psy de tous est parfois exténuant ! Elle est attentive aux gens, et communique facilement avec tout le monde, mais si on l’empêche d’avancer ou si elle se sent bloquée, elle peut basculer vers des réactions rapides et cassantes, ce qui surprend beaucoup par rapport à son image habituelle. Sous stress, elle s’éparpille, et elle n’aime pas devoir prendre des responsabilités nouvelles. Pourtant, lorsqu’elle les a assumées, elle le fait avec naturel et se retrouve à l’aise.
  • Rachel (profil 5 de Repli-Lutte), prend son temps pour observer et apprendre. Elle acquiert ainsi rapidement une expertise que tous apprécient. Face à un problème important, elle ne perd pas son calme, et souvent arrive à réorganiser et restructurer une activité ou une équipe, sans bruit et sans clash, tout en douceur. Elle est la plus timide au sein d’un groupe, mais quand elle parle, tout le monde l’écoute. Elle n’aime pas être le centre de l’attention et gagnerait à travailler cet aspect-là. Dans sa vie professionnelle, ses compétences ne sont jamais remises en question, et c’est ce qui lui permet de gravir les échelons de façon naturelle, sans lutter contre ses collègues. Son niveau d’expertise se révèle surtout lors des crises, car elle reste calme et les gère très bien. Elle est très à l’aise quand les dossiers sont complexes.
  • Raphaël (profil 6 de Repli-Fuite) ne s’impose pas, il séduit : il est sympa avec tous, et y veille. Il a des difficultés à prendre des décisions difficiles et à dire non. Du coup, il a tendance à toujours rechercher la solution optimale pour tous, quitte à innover. Face à un problème, il s’arrête et aime avoir du temps pour mieux y réfléchir. Raphaël n’aime pas du tout qu’on le bouscule : pour lui ce serait contre-productif. Dans sa vie professionnelle il peut avoir des difficultés à s’imposer au début mais au fur et à mesure qu’on reconnaît ses compétences, son entourage se rend compte de ses fortes capacités à imaginer les évolutions souhaitables à moyen et long terme, qu’il est capable de mener à bien des dossiers complexes grâce à sa persévérance. C’est un observateur fin des relations interpersonnelles et du facteur humain, il sait prendre les gens avec diplomatie. Cela lui permet de bien s’entendre avec des personnalités fortes et de faire baisser les tensions au sein des équipes dans lesquelles il travaille.

jeudi 7 novembre 2013

Exemples de profils (1): Lutte-Fuite, Lutte-Repli et Fuite-Lutte

Dans notre billet précédent, nous vous présentions ce que nous appelons les "profils combinés". Voici quelques exemples de personnages pour vous aider à situer ces profils.

  • Marie (profil 1 de Lutte-Fuite) se reconnaît très bien dans la figure du conquérant, et emploie par ailleurs souvent des métaphores sportives pour motiver ses interlocuteurs. Dans la vie professionnelle comme dans la vie privée, elle trouve son équilibre dans la conquête et dans le mouvement, allant toujours de l’avant. Même si elle n’aime guère l’avouer, elle a moins confiance en elle qu’elle n’en a l’air, et a besoin d’être reconnue pour se rassurer. Son meilleur atout est son énergie formidable, connue de tous : elle est souvent celle qui réussit à faire bouger les projets qui stagnent. Elle n’est pas consciente de sa capacité de travail supérieure à la moyenne, et a tendance à trop en demander aux autres. 
  • Laurent (profil 2 de Lutte-Repli) aime le personnage du redresseur / producteur. Il s’y reconnaît bien. Il connaît son manque de souplesse, et lorsqu’il doit l’avouer, le présente comme faisant partie de son caractère. Il aborde les gens de façon carrée et franche, fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait. Il a de fortes capacités à attaquer les problèmes dont personne ne veut se charger. Il s’engage et va jusqu’au bout. Très exigeant avec lui-même comme avec les autres, il lance souvent des piques lorsqu’il est déçu par quelqu’un, ce qui peut blesser ses interlocuteurs. Laurent le sait et le regrette par la suite, mais sur le moment il ne peut pas s’en empêcher ! Dans sa carrière, ce manque de diplomatie l’a parfois freiné, mais il estime que ses capacités à passer d’une vision générale à long terme à une attention extrême sur les détails lui permettent d’être pertinent et efficace.
  • Félix (profil 3 de Fuite-Lutte) se reconnaît bien dans la tendance à toujours avoir un œil sur les résultats et les chiffres, dans la vie professionnelle et dans la vie privée. Il est très clanique, et le revendique : il soigne son entourage, et il apprécie le fait que cela se sache. Il aime organiser des dîners et des vacances entre amis. C’est lui qui s’occupe de l’organisation pratique. Il a tendance à faire beaucoup de choses lui-même parce que, pense-t-il, c’est souvent plus rapide que de passer du temps à expliquer aux autres comment faire. Comme manager, lorsqu’un de ses proches fait une erreur, il tente de régler le problème avant que cela se sache à l’extérieur, ce qui lui vaut la fidélité de son entourage. On lui a déjà reproché, à plusieurs reprises, de faire de la rétention d’informations, mais il considère qu’en tant que chef de département, il doit être au courant de toutes les données qui sortent de son secteur. 

mardi 5 novembre 2013

Plus réalistes: les profils combinés

Nous ne le dirons jamais assez: les catégories que nous proposons ne sont pas des prévisions ! Notre typologie de «profils» ne prétend pas englober la richesse des personnalités humaines, loin de là. Elle vise simplement à nous permettre de mieux comprendre les réactions émotionnelles instinctives.
La tentation de savoir quel profil nous sommes est forte, bien sûr, et davantage encore lorsqu’il s’agit de deviner quel est le profil de notre entourage !  Mais nous sentons bien qu’enfermer notre interlocuteur dans l’une des trois catégories, fuite, lutte ou repli, est trop réducteur pour pouvoir expliquer ses réactions. C’est pour cela que nous combinons souvent deux de ces catégories, afin de former 6 profils combinés un peu plus proche de la réalité des réactions émotionnelles. Il est alors plus facile de se reconnaître dans une des catégories et de situer nos interlocuteurs.

Comment obtenir notre profil combiné ? Le principe est simple : la première catégorie est notre réaction « dominante », celle qui surgit la plus voloniters face à un problème, et la seconde est celle que nous utilisons comme alternative. Par exemple, si face à une contrariété nous avons tendance à réagir par la colère, mais que dans certains cas, au lieu d’élever le ton, nous nous taisons pour laisser l’orage passer, le profil le plus proche du nôtre sera celui intitulé « lutte-repli ».
Voici pour vous orienter un tableau récapitulatif de ces 6 profils, que vous trouverez dans le livre :


1
Lutte-Fuite
2
Lutte-Repli
3
Fuite-Lutte
4
Fuite-Repli
5
Repli-Lutte
6
Repli-Fuite
Forces
en présence
Force
et mouvement
Force
et rigueur
Mouvement
et résultats
Mouvement
et idées
Réflexion
et affirmation
Réflexion
et imagination
Type d’énergie
Le conquérant
(le sportif)
Le redresseur
(le producteur)
Le négociateur
(le chef de projet)
Le créatif
(l’innovateur)
L’expert
(L’enseignant)
Le stratège
(le sage)
Points forts
Savent trancher
et avancer
Savent trancher
et voir juste
Savent structurer et rebondir
Savent s’adapter
et avancer
Savent voir et dire ce qui est juste
Savent prévoir
anticiper, apporter de la souplesse
Valeur ajoutée
Les résultats,
le développement
Le sens
de l’action juste,
le redressement
Le mouvement,
la garantie
de résultats
La production de solutions créatives et pragmatiques
Le discernement, la référence
La vision globale,
le recul, le calme
Tendance relationnelle instinctive
Exigeant
et dynamique
Exigeant
et impatient
Ouvert, dynamique
et exigeant
Créatif
et convivial
L’expert, celui qui sait

Visionnaire, diplomate, médiateur
Risques sous stress
Difficulté à prendre du recul, manque
de confiance
Manque
de souplesse,
trop cassant
Difficulté
à prendre
 du recul, perfectionnisme
Tendance à l’éparpillement, peut devenir cassant
Tendance
à la rigidité
difficulté à s’exprimer
Manque
de concret, difficulté
à trancher
 

lundi 21 octobre 2013

Les qualités de notre profil

Nous avons les qualités de nos défauts: quand nous nous énervons ou frustrons de reproduire toujours les mêmes schémas, de tomber toujours dans les mêmes pièges, rappelons nous de ça ! Le fait de subir régulièrement les réactions de notre crocodile n’a pas que des inconvénients. Petit à petit, nous pouvons apprendre à le connaître et à vivre avec lui. Dans certaines situations, nous savons lui donner en partie satisfaction et limiter ses débordements. Ces réactions instinctives sont devenues nos forces :
  • La fuite génère du mouvement. Une personne réagissant par des réactions de fuite / mouvement fera tout pour se sentir libre. Elle cherchera en permanence des solutions lui permettant de s’échapper du « piège » – situation créée par elle-même ou par d’autres : une réunion, un dîner, une contrainte… et même un moment agréable ! Elle développera progressivement une grande capacité à se remettre en cause, à bouger et à trouver des solutions. Elle sera, en général, créative et active ; personne ne pourra lui reprocher d’avoir les deux pieds dans le même sabot.
  • Une personne réagissant par des réactions de lutte s’efforcera d’obtenir rapidement des résultats concrets aux problèmes qu’elle rencontre. C’est sa façon à elle de prouver à elle-même et aux autres qu’elle a de la valeur. Elle va acquérir une grande compétence dans le fait de décider, bousculer les choses et les gens, faire avancer les dossiers. Sous stress, elle n’hésitera pas à trancher dans le vif si cela permet d’avancer et de régler les problèmes. Elle y trouvera même de la satisfaction.
  • Une personne réagissant par des réactions de repli fera tout pour éviter d’affronter les personnes qui pourraient la contrarier ou être désagréables. Elle va développer des capacités d’adaptation et de prise de recul, elle va chercher à « arranger les choses » dans son entourage. Elle cherchera à comprendre ce qui lui arrive et ce qui peut se produire dans les années à venir… Elle va ainsi développer des capacités pour conseiller, anticiper, réduire les tensions et les conflits.
Les qualités générées par nos états de défense sont indissociables de leurs inconvénients. Ce sont les deux faces d’une même médaille. Quand un aspect négatif est présent chez quelqu’un (anxiété, agressivité ou passivité), l’élément positif correspondant (créativité, capacité à décider ou à prendre du recul) est inévitablement là, également. À nous de le mettre en valeur et de le trouver chez les autres...
En apprenant à gérer notre stress et nos réactions émotionnelles, nous pourrons avoir accès à ces qualités, et transformer ces réactions instinctives qui paraissent plus fortes que nous en notre propre façon de régler les problèmes !

vendredi 18 octobre 2013

Comprendre les besoins qu'expriment les réactions émotionnelles

Que faire face à un interlocuteur qui s’énerve, se bloque ou claque la porte ? Le secret pour pouvoir désamorcer la réaction émotionnelle des autres, et qui s’applique également à nos propres réactions, est de comprendre le besoin qui se cache derrière ces réactions et d'y répondre

En effet, chaque réaction émotionnelle de défense est l’expression d’un besoin non satisfait ; c’est parce que ses besoins vitaux et fondamentaux ne sont pas pris en compte que notre « crocodile » (notre cerveau reptilien) s’exprime avec ce niveau d’urgence et d’exigence
Que faire donc pour comprendre les besoins de notre crocodile et ceux des autres ? 
  • Face à quelqu'un qui réagit par la fuite, qui claque la porte et évite la confrontation: 
Un besoin inassouvi de sécurité ou de liberté est la clé des réactions de fuite. Une personne réagissant par des réactions de fuite / mouvement se sent menacée dès qu’elle a l’impression d’être enfermée dans un rôle, dans une situation, et lorsqu’elle a peur de manquer (d’affection, de nourriture, de choix, d’espace…). Ces deux besoins sont contradictoires : elle a besoin de la présence des autres pour se sentir en sécurité, mais pas trop pour ne pas avoir l’impression d’être enfermée… Sous pression, une personne en fuite aura tendance à s’éparpiller, parler beaucoup, tenter d’apporter mille solutions au problème, être confuse et brouillonne. Son agitation et son anxiété se transmettent à son entourage. Son inquiétude peut déclencher un flot de paroles, d’idées, de solutions… 
  • Face à quelqu'un qui réagit par la lutte, qui s'énerve et se frustre face à un problème:
Le manque de reconnaissance, la difficulté à se reconnaître soi-même ou à se sentir reconnu par les autres provoquent des réactions de lutte : « Qu’est-ce que je vaux ? », se demande souvent une personne ayant des réactions de lutte. Elle se sent mal lorsqu’elle pense qu’on ne la reconnaît pas à sa juste valeur ou si elle pense qu’elle ne va pas atteindre ses objectifs. Si elle a besoin d’être reconnue ou d’atteindre des objectifs c’est parce qu’elle doute de sa valeur. Contrariée, une personne en lutte aura tendance à être cassante, autoritaire. Elle n’hésitera pas à passer en force, et tant pis pour ceux qui se trouvent sur son passage !
  • Face à quelqu'un qui réagit par le repli, qui se bloque, se tait et a du mal à se décider:
Le manque de sens et de cohérence provoque des réactions de repli. « Quel sens tout cela a-t-il ? À quoi cela sert-il ? Quel est mon rôle, mon utilité dans cette situation ? », se demande une personne réagissant de cette façon. Elle a besoin de se réaliser et de mesurer l’utilité de ce qu’elle accomplit. Elle se sent menacée lorsque la cohérence de ce qu’elle fait ne lui apparaît pas ou lorsqu’elle n’est pas en position de se rendre utile. Une personne en repli, quand on l’agresse ou quand elle ne voit pas où elle va, se sentira abattue, fatiguée, découragée, vidée de son énergie.

mardi 15 octobre 2013

Crocodiles et profils: de quoi parle-t-on ?

Le crocodile est une image que, à l’instar de Catherine Aimelet-Périssol, nous utilisons pour faire référence aux réactions émotionnelles instinctives qui nous sont dictées par notre cerveau reptilien (voir nos articles sur le crocodile). En situation de stress ou de danger ce crocodile caché au coeur de notre cerveau nous dicte trois types de réflexes, comme l’a montré Henri Laborit dans son expérience popularisée dans le film Mon Oncle d’Amérique:



Comme les rats de Laborit face au danger de la décharge éléctrique, nous réagissons face au stress et dans les situations compliquées par trois types de comportements
  • la fuite, qui se traduit par une certaine agitation physique, l’envie de partir, la recherche de solutions tous azimuts, l’agitation verbale et cérébrale… Tout en éprouvant une sensation d’angoisse et un sentiment de peur ou d’inquiétude. Attention, la fuite n’a pas dans ce contexte l’image négative qu’on lui attribue traditionnellement. La fuite est aussi mouvement, créativité, invention de solutions pour sortir de la situation à laquelle nous sommes confrontés. 
  • la lutte, qui se traduit par des paroles ou des gestes agressifs, une élévation du niveau de la voix, un ton cassant, une volonté de passer en force… Tout en éprouvant une sensation d’énervement et un sentiment de colère. Là aussi, ne nous laissons pas influencer par les clichés associés à la lutte : lutter est se confronter pleinement à la situation pour la résoudre. 
  • le repli (que Laborit appelle l’inhibition de l’action) qui se traduit par des phénomènes de blocage, de tétanisation physique et psychologique, une difficulté à s’exprimer, une propension à se dévaloriser… Tout en éprouvant une sensation de fatigue et un sentiment de tristesse ou de découragement.
Lutte, repli et fuite constituent les trois profils de base, trois types de réactions qui ont une forte influence sur notre personnalité.
Pour savoir quel est votre réaction de défense préférée, et donc votre profil, faites l’exercice de notre article précédent
Si les situations dans la colonne « ça m’inquiète, ça m’angoisse » dominent, cela signifie que votre réaction la plus fréquente sous stress est de type « fuite / bouger ». Si vous avez trouvé plus de situations dans la colonne « ça m’agace, ça m’énerve », cela signifie que votre réaction  la plus fréquente sous stress est de type « lutte / affronter ». Si les situations dans la colonne « ça me fatigue, ça me pèse » sont les plus représentatives de vos réactions, cela signifie que votre réaction la plus fréquente sous stress est de type « repli / s’adapter ». 
Cela dit, nous ne réagissons pas toujours avec une seule et même réaction : en nous cohabitent les trois réactions de défense, et chaque personne fonctionne avec une combinaison particulière de ces trois types de réactions. Les dosages varient selon la personnalité et l’histoire de chacun. Notre réaction « préférée » est celle qui s’impose à nous le plus fréquemment, en particulier dans les situations où le niveau de stress est important. La deuxième est également fréquente car elle se met en route à chaque fois que la première n’est pas assez efficace aux yeux de notre crocodile. La troisième est souvent moins présente, car les deux premières ont, en général, suffi à nous sortir de la situation. Cette combinaison teinte tout notre fonctionnement et nos relations.