Mieux vivre avec ses émotions ... et celle des autres

Comment mieux comprendre et gérer nos émotions.

Les auteurs

En savoir plus sur Didier Hauvette et Christie Vanbremeesch.

Quelques conseils pour gérer nos émotions

Voici quelques techniques que vous trouverez dans le livre...

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vendredi 29 novembre 2013

Contrôlons notre "température émotionnelle"

Qu'est-ce que la "température émotionnnelle" et pourquoi la contrôler ?
Nous utilisons l'expression "température émotionnelle" pour désigner l’intensité des émotions en jeu dans une situation donnée. La température émotionnelle est élevée si la tension est forte entre les personnes concernées, que les mots et/ou le ton ou les gestes deviennent agressifs, cassants ou expéditifs. Elle est normale s’il s’agit d’une conversation habituelle et que la communication est fluide. 
Pourquoi s'en préocuper ? Les recherches en neurosciences (voir, entre autres, les travaux d'Antonio Damasio) montrent que lorsque la température s’élève et que le stress monte, nos capacités intellectuelles se réduisent : une partie de nos neurones ne fonctionnent plus. Tout se passe comme si nous avions des œillères qui nous empêchaient de disposer de toutes les informations nécessaires pour réagir de façon intelligente. L’objectif consiste à faire baisser cette température émotionnelle pour retrouver toutes nos capacités. 

Nous le savons bien : nos réactions « à chaud » ne sont pas toujours les plus adaptées. Une fois calmés, nous repensons à la scène déroulée et souvent nous aimerions revenir en arrière. Contrôler notre température émotionnelle nous permet de réagir plus sereinement : nous reconnaissons notre réaction instinctive et pouvons choisir de nous laisser emporter ou d’agir plus posément.  

Notre crocodile a besoin d’être écouté. En prêtant attention à notre réaction, nous permettons à la vapeur de s’échapper de la cocotte-minute. Les signaux qu’il envoie visent à nous faire réagir rapidement face à un danger : si nous ne répondons pas, il continuera à attirer notre attention jusqu’à ce que nous réagissions.  

mardi 15 octobre 2013

Crocodiles et profils: de quoi parle-t-on ?

Le crocodile est une image que, à l’instar de Catherine Aimelet-Périssol, nous utilisons pour faire référence aux réactions émotionnelles instinctives qui nous sont dictées par notre cerveau reptilien (voir nos articles sur le crocodile). En situation de stress ou de danger ce crocodile caché au coeur de notre cerveau nous dicte trois types de réflexes, comme l’a montré Henri Laborit dans son expérience popularisée dans le film Mon Oncle d’Amérique:



Comme les rats de Laborit face au danger de la décharge éléctrique, nous réagissons face au stress et dans les situations compliquées par trois types de comportements: 
  • la fuite, qui se traduit par une certaine agitation physique, l’envie de partir, la recherche de solutions tous azimuts, l’agitation verbale et cérébrale… Tout en éprouvant une sensation d’angoisse et un sentiment de peur ou d’inquiétude. Attention, la fuite n’a pas dans ce contexte l’image négative qu’on lui attribue traditionnellement. La fuite est aussi mouvement, créativité, invention de solutions pour sortir de la situation à laquelle nous sommes confrontés. 
  • la lutte, qui se traduit par des paroles ou des gestes agressifs, une élévation du niveau de la voix, un ton cassant, une volonté de passer en force… Tout en éprouvant une sensation d’énervement et un sentiment de colère. Là aussi, ne nous laissons pas influencer par les clichés associés à la lutte : lutter est se confronter pleinement à la situation pour la résoudre. 
  • le repli (que Laborit appelle l’inhibition de l’action) qui se traduit par des phénomènes de blocage, de tétanisation physique et psychologique, une difficulté à s’exprimer, une propension à se dévaloriser… Tout en éprouvant une sensation de fatigue et un sentiment de tristesse ou de découragement.
Lutte, repli et fuite constituent les trois profils de base, trois types de réactions qui ont une forte influence sur notre personnalité.
Pour savoir quel est votre réaction de défense préférée, et donc votre profil, faites l’exercice de notre article précédent. 
Si les situations dans la colonne « ça m’inquiète, ça m’angoisse » dominent, cela signifie que votre réaction la plus fréquente sous stress est de type « fuite / bouger ». Si vous avez trouvé plus de situations dans la colonne « ça m’agace, ça m’énerve », cela signifie que votre réaction  la plus fréquente sous stress est de type « lutte / affronter ». Si les situations dans la colonne « ça me fatigue, ça me pèse » sont les plus représentatives de vos réactions, cela signifie que votre réaction la plus fréquente sous stress est de type « repli / s’adapter ». 
Cela dit, nous ne réagissons pas toujours avec une seule et même réaction : en nous cohabitent les trois réactions de défense, et chaque personne fonctionne avec une combinaison particulière de ces trois types de réactions. Les dosages varient selon la personnalité et l’histoire de chacun. Notre réaction « préférée » est celle qui s’impose à nous le plus fréquemment, en particulier dans les situations où le niveau de stress est important. La deuxième est également fréquente car elle se met en route à chaque fois que la première n’est pas assez efficace aux yeux de notre crocodile. La troisième est souvent moins présente, car les deux premières ont, en général, suffi à nous sortir de la situation. Cette combinaison teinte tout notre fonctionnement et nos relations.

dimanche 27 janvier 2008

Thème du mois : le crocodile (3)

La situation est-elle désespérée ?

Notre cerveau rationnel étant physiquement déconnecté sous stress, sommes-nous pour autant condamnés à être le jouet de nos émotions ?

En réalité, et nous le savons bien, cette déconnexion ne se produit que quand le stress devient trop important. Ce n’est pas le cas en permanence, heureusement ! Il n’en reste pas moins que cela se produit et que c’est pénible !
N’y a-t-il rien à faire ?

L’expression de Catherine Aimelet-Périssol « apprivoiser son crocodile » est parfaitement juste : il s’agit réellement d’apprivoiser un animal sauvage.

Les règles à respecter sont les mêmes : patience, bienveillance, prise en compte des caractéristiques de l’animal considéré (un lion n’est pas un éléphant, et réciproquement), fixation d’objectifs clairs et répartis dans le temps, détermination à les atteindre, persévérance.

Il n’est pas possible de contrôler notre cerveau et nos impulsions par la force, d’arrêter immédiatement nos réactions de colère ou d’agitation, ou de débloquer subitement nos réactions de blocage.

En revanche, il est possible de réduire progressivement l’intensité de ces réactions et de reculer leur seuil de déclenchement, par un travail régulier d’observation, d’acceptation, , par la recherche de comportements alternatifs efficaces et par la  recherche de façons alternatives de satisfaire nos besoins fondamentaux (sécurité, identité, sens).

En travaillant dans ces différentes directions, nous allons nourrir notre crocodile, lui donner satisfaction et réduire progressivement ses réactions incongrues ou inadaptées.

dimanche 20 janvier 2008

Thème du mois : le crocodile (2)

Recherches sur le cerveau et les émotions


Lors d’études menées sur le cerveau, au cours des dernières années, des machines sophistiquées telles l’IRM ont permis de filmer son activité et d’identifier les différentes zones impliquées grâce à des colorants.

Ces études ont mis en évidence que, sous stress, la partie corticale du cerveau se trouve déconnectée. Seules les parties reptiliennes et limbiques restent actives.

Il y a donc une réalité physique qui correspond à cette sensation de ne plus être réellement maître de notre cerveau ! Il ne s’agit pas uniquement d’une sensation psychologique. Nous ne pensons plus avec notre raison mais avec nos réflexes vitaux et affectifs !

C’est cette partie animale de nous-mêmes qu’il nous faut apprivoiser… et c’est possible !


dimanche 13 janvier 2008

Thème du mois : le crocodile (1)

Précisions sur le crocodile


Le crocodile est l'un des principes fondamentaux de notre livre.

La notion de crocodile part du constat que certaines réactions émotionnelles sont plus fortes que nous ; elles nous dépassent et nous font faire des choses que nous voudrions ne plus faire, ou au contraire nous empêche de faire ce que nous voudrions faire.

Henri Laborit, dans les années 1960, et Catherine Aimelet-Périssol, de nos jours, ont étudié ce phénomène et mis en évidence qu'il s'agissait de « réactions de défense » instinctives avec une intention positive : ces réactions de survie sont faites pour nous protéger !


Ces réactions ne viennent pas du cerveau cortical (le cerveau de la raison) mais du cerveau reptilien (le cerveau des réflexes vitaux) ou d'une combinaison entre cerveau reptilien et cerveau limbique (cerveau affectif), combinaison que certains appellent « cerveau émotionnel ».


C’est Catherine Aimelet-Périssol dans son livre « Comment apprivoiser son crocodile » (voir notre article ici) qui utilise pour la première fois cette expression ; et elle est très parlante. Il s’agit bien
d’apprivoiser cette partie de nous-même qui, sous stress, va prendre l’ascendant et nous empêcher d’utiliser notre raison, notre volonté, nos engagements.


En référence et en hommage à ses travaux nous appelons « crocodile » cette partie encore sauvage de nous-même qui, trop souvent, nous bloque ou nous bouscule.

dimanche 6 janvier 2008

Catherine Aimelet-Périssol nous présente son livre

Qd_les_croco_semmlent    Dans la lignée de son best-seller « Comment apprivoiser notre crocodile », Catherine Aimelet-Périssol a publié « Quand les crocodiles s'emmêlent », sous-titré « Du bon usage de nos émotions dans les relations adultes-enfants » (éd. Robert Laffont).


Elle a accepté de nous faire une présentation de son livre spécialement pour ce blog. Laissons-lui la parole...


« Dans cet ouvrage, j'ai voulu donner une grille de lecture de nos émotions dans les relations adultes-enfants.

Il ne s'agit pas d'un outil thérapeutique ou de développement personnel, mais bien d'une grille de lecture. En effet, si nous étions mieux familiarisé avec cette grille, nous serions beaucoup moins inquiets ou culpabilisés de nos émotions. Car il existe une cohérence entre les émotions et les besoins.

C'est dans le cadre de la relation parents-enfants que cette grille me semble particulièrement précieuse car c'est là que se joue l'éducation émotionnelle.
Il s'agit pour les parents de se mettre au clair avec leurs propres émotions, d'en comprendre le sens, voire le bon-sens, et donc de se responsabiliser vis-à-vis du message continu de leurs émotions. Et ensuite de se mettre à l'écoute des besoins de l'enfant contenus dans son comportement émotionnel, et d'en décoderle bon-sens.

A l'instar de "Comment apprivoiser son crocodile", nous sommes toujours dans l'hypothèse qu'une émotion est un message transmis par le corps, pour satisfaire, dans l'urgence, un manque. La solution émotionnelle de l'enfant pour exprimer le message peut ne pas être adaptée (panique, violence, déni, mensonge, échec scolaire). Pour autant, c'est la seule qu'il a trouvée pour satisfaire un besoin vital qu'il ne sait pas satisfaire autrement.
Il est donc important de réhabiliter l'émotion dont le sens profond est l'expression des besoins. C'est dans cette articulation que la relation parents-enfants peut se déployer dans une écoute et un respect mutuel.

Dans ce livre, j'insiste beaucoup sur les attitudes pratiques et les modes d'éducation qui vont faciliter cette écoute (autorité, l'évolution et la transformation de l'enfant), c'est-à-dire sur tout ce qui fait le quotidien de la relation parents-enfants.

Chacune des quatre parties est illustrée par des situations concrètes et des anecdotes éclairant la théorie. Le livre comporte de nombreuses portes d'entrée : il est possible de l'utiliser avec des intentions différentes (éducation, communication, règlement de conflit, expression de sentiments...), chacune répondant au même postulat de logique émotionnelle. »

dimanche 9 décembre 2007

Restons attentifs aux réactions du crocodile... en repli

Dès qu’il est question de modifier des habitudes, les résistances peuvent être nombreuses.
Nous avons parfois tendance à croire que c’est de la mauvaise volonté, parfois même que les gens nous en veulent… Et pourtant, ce n’est pas le cas. Il s’agit juste de réactions crocodiliennes !

Simon, qui réagit souvent par des réactions de repli, est parvenu à se convaincre qu’il allait, cette fois, non seulement démarrer sa recherche d’emploi, mais aussi aider les membres de sa famille à atteindre leur propres objectifs. Et il met en place tout ce qu’il faut pour que cela marche.
Les problèmes vont surgir quand il lui faudra surmonter les premières difficultés. Son crocodile va le freiner.
Autre problème lié à son mode de fonctionnement : le respect des délais; il est souvent plus lent que les autres.
Le moyen qu’il a développé au cours des années pour faire face à ces blocages ? La persévérance.

Une attitude, un discours motivant pour un type de crocodile risque d'être démotivant pour les autres. Si on insiste sur la difficulté des objectifs à atteindre, cela risquerait fort de bloquer Simon.




dimanche 17 décembre 2006

Les trois états de défense

Dans les années 1960, Henri Laborit (chirurgien et scientifique français, rendu célèbre par le film d'Alain Resnais Mon oncle d'Amérique) a mis en évidence trois grands types de réactions automatiques face au danger, qu’il a appelées « états de défense ».

Il a montré que nous aussi, êtres humains, par rapport à un événement ressenti comme un danger, nous réagissons instinctivement :

- par le mouvement qui se traduit par de l’agitation physique, l’envie de partir, la recherche de solutions tous azimuts, l’agitation verbale et cérébrale, etc., tout en éprouvant des sensations d’angoisse et un sentiment de peur ou d’inquiétude ;

- par la lutte  qui se traduit par des paroles ou des gestes agressifs, une élévation du niveau de la voix, un ton cassant, une volonté de passer en force, etc., tout en éprouvant des sensations d’énervement et un sentiment de colère ;

- par le repli  qui se traduit par des phénomènes de blocage, de tétanisation physique et psychologique, une difficulté à s’exprimer, une propension à se dévaloriser, etc., tout en éprouvant une sensation de fatigue et un sentiment de tristesse.




dimanche 10 décembre 2006

A quoi sert le crocodile ?

Le crocodile a un rôle essentiel : c’est lui qui gère nos réflexes de protection par rapport aux dangers. Dès qu’il perçoit un danger, réel ou supposé, le crocodile déclenche une réaction de défense.

Problème : le crocodile ne fait pas le tri. La réaction qu’il a identifiée comme la plus adaptée peut ne pas l’être du tout ! Elle peut être liée à des automatismes acquis dans le passé et complètement déconnectés du contexte.  Le crocodile est bien intentionné, certes, mais souvent maladroit ou excessif dans sa manière de nous protéger.


dimanche 26 novembre 2006

Le crocodile pour comprendre nos réactions

Comment garder notre calme quand la situation devient critique ou quand, pour la énième fois, nous nous trouvons face à des réactions qui nous sont insupportables ?

Pour comprendre ce qui se passe à l'intérieur de nous, nous nous sommes appuyés sur les travaux de Catherine Aimelet-Périssol, et en particulier sur son ouvrage Comment apprivoiser son crocodile (éd. Robert Laffont, 2002 ; éd. Pocket, 2004).

Les réactions automatiques que nous avons en situation de stress ne sont pas aussi absurdes qu’elles en ont l’air. Elles sont régies par le cerveau reptilien (partie la plus ancienne du cerveau, et commun à l'ensemble des mammifères) et répondent à une logique de survie. À l’instar de Catherine Aimelet-Périssol, nous le surnommerons le « crocodile ».