mardi 15 octobre 2013

Crocodiles et profils: de quoi parle-t-on ?

Le crocodile est une image que, à l’instar de Catherine Aimelet-Périssol, nous utilisons pour faire référence aux réactions émotionnelles instinctives qui nous sont dictées par notre cerveau reptilien (voir nos articles sur le crocodile). En situation de stress ou de danger ce crocodile caché au coeur de notre cerveau nous dicte trois types de réflexes, comme l’a montré Henri Laborit dans son expérience popularisée dans le film Mon Oncle d’Amérique:



Comme les rats de Laborit face au danger de la décharge éléctrique, nous réagissons face au stress et dans les situations compliquées par trois types de comportements
  • la fuite, qui se traduit par une certaine agitation physique, l’envie de partir, la recherche de solutions tous azimuts, l’agitation verbale et cérébrale… Tout en éprouvant une sensation d’angoisse et un sentiment de peur ou d’inquiétude. Attention, la fuite n’a pas dans ce contexte l’image négative qu’on lui attribue traditionnellement. La fuite est aussi mouvement, créativité, invention de solutions pour sortir de la situation à laquelle nous sommes confrontés. 
  • la lutte, qui se traduit par des paroles ou des gestes agressifs, une élévation du niveau de la voix, un ton cassant, une volonté de passer en force… Tout en éprouvant une sensation d’énervement et un sentiment de colère. Là aussi, ne nous laissons pas influencer par les clichés associés à la lutte : lutter est se confronter pleinement à la situation pour la résoudre. 
  • le repli (que Laborit appelle l’inhibition de l’action) qui se traduit par des phénomènes de blocage, de tétanisation physique et psychologique, une difficulté à s’exprimer, une propension à se dévaloriser… Tout en éprouvant une sensation de fatigue et un sentiment de tristesse ou de découragement.
Lutte, repli et fuite constituent les trois profils de base, trois types de réactions qui ont une forte influence sur notre personnalité.
Pour savoir quel est votre réaction de défense préférée, et donc votre profil, faites l’exercice de notre article précédent
Si les situations dans la colonne « ça m’inquiète, ça m’angoisse » dominent, cela signifie que votre réaction la plus fréquente sous stress est de type « fuite / bouger ». Si vous avez trouvé plus de situations dans la colonne « ça m’agace, ça m’énerve », cela signifie que votre réaction  la plus fréquente sous stress est de type « lutte / affronter ». Si les situations dans la colonne « ça me fatigue, ça me pèse » sont les plus représentatives de vos réactions, cela signifie que votre réaction la plus fréquente sous stress est de type « repli / s’adapter ». 
Cela dit, nous ne réagissons pas toujours avec une seule et même réaction : en nous cohabitent les trois réactions de défense, et chaque personne fonctionne avec une combinaison particulière de ces trois types de réactions. Les dosages varient selon la personnalité et l’histoire de chacun. Notre réaction « préférée » est celle qui s’impose à nous le plus fréquemment, en particulier dans les situations où le niveau de stress est important. La deuxième est également fréquente car elle se met en route à chaque fois que la première n’est pas assez efficace aux yeux de notre crocodile. La troisième est souvent moins présente, car les deux premières ont, en général, suffi à nous sortir de la situation. Cette combinaison teinte tout notre fonctionnement et nos relations.

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